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La fraude alimentaire au coeur des discussions d'experts à Québec

ici.radio-canada.ca, 4 avril 2017

Sans le savoir, les consommateurs s'exposent à toutes sortes de fraudes alimentaires. Manger du porc quand on croit retrouver du veau dans son assiette, acheter des produits bio qui ne portent que le nom, sans certification, ou se procurer un aliment dont la date de péremption a été modifiée : voilà autant d'exemples d'une fraude alimentaire. Ce fléau, qui connaît une recrudescence dans le monde, fait l'objet d'un colloque international au Château Frontenac cette semaine.

« Il y a beaucoup de commerce international qui se fait. Souvent, les aliments passent de mains en mains, et bien entendu, tout ceci accroit le risque d'avoir de la fraude alimentaire » explique le Dr Samuel Godefroy qui est professeur titulaire d'analyses des risques au département de science des aliments, à l'Université Laval.

La liste des cas de fraude alimentaire répertoriés ne cesse de s'allonger autant au Canada qu'aux États-Unis. L'huile d'olive, par exemple, est parmi les produits dont la composition fait souvent l'objet d'identification frauduleuse.

« La première victime de la fraude alimentaire, c'est le consommateur. Parce qu'on s'attend à acheter un produit en pensant qu'il a une certaine composition ou une certaine origine, et tout à coup, on se retrouve avec un produit qui est de moindre qualité » illustre le Dr Godefroy.

Outre le consommateur, le secteur alimentaire lui-même est aussi pénalisé par ces cas de fraude, qui ternissent la réputation de toute l'industrie.

« Ça peut même altérer la réputation d'un pays ou d'une région, soutient le Dr Samuel Godefroy. La Chine en est un exemple actuellement, les consommateurs chinois eux même, ne font pas confiance à des produits qui sont fabriqués en Chine. »

Le scandale du lait frelaté en Chine qui contenait de la mélamine, il y a une dizaine d'années, a entraîné une grave crise de confiance auprès des responsables des services chinois de contrôle de la qualité.

Malgré tous les efforts fournis par les autorités, les systèmes en place ne sont pas suffisamment performants pour prévenir les fraudes, croit le Dr Godefroy. Le crime organisé est aussi impliqué dans des réseaux parfois bien structurés.

« On est beaucoup plus en mode réactif. Actuellement, les outils ne sont pas totalement là pour faire de la prévention », reconnait l'expert.

La conférence internationale, qui réunit à Québec plusieurs sommités dans le domaine, devrait permettre de se pencher sur toutes les facettes du phénomène, et discuter d'interventions collectives pour lutter contre ce fléau.