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La Ville de Québec dit non aux restaurateurs de rue

Dominique Hardy
Le Soleil
Publié le 18 juin 2012


(Québec) Même si les cantines mobiles font partie du paysage des grandes villes du monde, pas question pour Québec d'emboîter le pas.
Carole Siciak aimerait bien pouvoir arpenter les rues de Québec avec son Comptoir de Mignardises pour y vendre ses choux au chocolat et ses madeleines. Les partager avec son entourage ne lui suffit plus. La jeune femme, consultante en communication, a bien l'intention de faire découvrir les recettes de pâtisseries de sa France natale aux citoyens de la Vieille Capitale. Elle a tenté l'expérience le 1er juin, après avoir obtenu un permis spécial de la Ville d'une durée de deux jours.

«À New York, j'ai aimé les marchands ambulants et j'ai réalisé que ça manquait à Québec», raconte-t-elle. «Je voulais partager mes pâtisseries sur ce mode-là. J'ai contacté la Ville et les personnes responsables m'ont dit que c'était interdit sauf dans le cadre d'événements spéciaux.»

Ne faisant ni une ni deux, elle s'est associée à la Manif d'art pour le faire. L'expérience a été concluante sur le plan des ventes et de l'enthousiasme des gourmands passants, mais Carole Siciak est restée avec une certaine amertume. «J'ai eu un permis du MAPAQ [ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec] pour un mois, mais la Ville m'a accordé deux jours.»


La Ville ferme la porte à ce genre d'initiative. «Non, ce n'est pas dans notre intention de modifier la réglementation sur la vente ambulante d'aliments», signale son porte-parole, Jacques Perron. «C'est en raison de l'hygiène et de la qualité des mets vendus. Vendre des popsicles, c'est facile à contrôler, car ils sont emballés. Du moment que l'on tombe dans des produits manipulés, par exemple des hot-dogs, il y a toujours eu des objections pour la salubrité des aliments.»

Concurrence déloyale

La concurrence est aussi un facteur de refus. Les restaurateurs n'apprécient guère la présence de ces cantines mobiles et craignant une baisse d'achalandage dans leurs établissements. «On s'inquiète d'une possible concurrence déloyale avec laquelle devraient composer les restaurateurs ayant pignon sur rue et payant des taxes municipales», craint François Meunier, vice-président aux affaires publiques et gouvernementales de l'Association des restaurateurs du Québec (ARQ).

L'hygiène et la salubrité font aussi partie des inquiétudes de l'Association, dont les membres doivent se soumettre à plusieurs inspections afin de conserver leur permis d'exploitation. L'ARQ se dit «pas totalement fermée à l'idée» tant qu'une municipalité n'accorde pas plus que 10 permis et que les restaurateurs de rue ne puissent se déplacer.

Montréal tente d'ailleurs l'expérience cet été en autorisant la présence de cantines mobiles à certains endroits de la Ville durant des activités estivales comme au Quartier des spectacles ou à l'esplanade du Parc olympique. Les restaurateurs de rues peuvent vendre leurs plats dans la rue de façon encadrée, mais pas question de leur permettre de vendre leurs produits à travers la métropole durant toute l'année.

Même si Québec est fermée à l'idée des cantines mobiles et des restaurateurs de rue, Carole Siciak a l'intention de défendre son projet et promènera son Comptoir de Mignardises en obtenant des permis pour divers événements cet été.